Tuer n’est pas vivre

Voilà que je referme l’écrit de Charlotte Adam qui nous emmène voyager en plein cœur de la mafia au centre de New York en passant par l’Italie.

Tout d’abord, un petit résumé :
New-York, de nos jours.
Depuis des années Wade mène une vie où l’argent et le sang se mêlent quotidiennement. Une vie dans laquelle aucune attache n’est possible, et où la fin peut survenir à tout moment. Wade l’a accepté depuis longtemps.
Lorsqu’il renoue le contact avec un vieil ami, restaurateur italien membre de la mafia et père de la jeune et fantasque Marina, Wade est entraîné dans des milieux qu’il connaît bien mais où cette fois sa vie ne sera pas la seule en jeu.
Danger et manipulation ne viennent pas forcément de là où on les attend et, quand l’attirance se mêle au doute, Wade devra choisir entre ce que lui dicte son instinct et un ultime désir d’une autre vie.

On commencera donc par voir l’écriture, assez contemporaine et fluide, on ne s’ennuie pas et on rentre assez rapidement dans l’univers des personnages. Très douée pour les descriptions de l’action, l’auteure nous fait passer à travers les yeux de son Wade très rapidement, on traverse New York avec lui (et croyez-moi, je n’y ai jamais mis les pieds que par le biais de séries 🙂 ).
En parlant de Wade, voilà notre personnage « principal » que l’on rencontre en premier lieu. On voit dès le début qu’il a un petit coté bien sombre comme on les aime et de plus, il est blessé. On se doute un peu de ce qu’il est quand on voit que son premier réflexe est de chercher une « planque » plus qu’un médecin. Il nous emmène alors chez un vieil ami qu’il aime et respecte, un restaurateur respectable (dans tous les sens du terme). L’arrivée de Wade en ces lieux est assez surprenante, il revoit la fille de cet ami et, dès son arrivée, le premier réflexe de cette dernière est de remarquer qu’il s’est fait tirer dessus, sans explications, sans questionnement… Comme quand vous allez demander une baguette à la boulangère. C’est dérangeant mais c’est extrêmement bien trouvé : c’est ce qui nous permet de voir que cette « famille » se connaît de longue date et que les protagonistes n’ont pas vraiment de secrets les uns pour les autres. Là encore, nous avons une entrée en matière dans le vif du sujet et les pièces sont mises en place rapidement et de façon subtile finalement.
Marine, la fille de ce restaurateur apparaît donc dans un deuxième temps. Sicilienne (ce qui en dit long sur la suite, même sans clichés), elle a un tempérament bien trempé, une noirceur qui se devine au bout de seulement quelques chapitres, une subtilité assez mordante quant à ses allusions tout au long du roman et ne se laisse pas marcher sur les pieds. Cette jeune fille que Wade a connu ado va s’avérer être un personnage très intéressant et au cœur de l’histoire. C’est elle qui va nous faire découvrir les origines, les histoires et les affaires de son Padre qui, quant à lui, n’est pas qu’un simple restaurateur de quartier. L’intrigue se pose en toute facilité et avec beaucoup de fluidité. Là encore, l’auteure nous immerge dans son monde avec une simplicité désarmante, sans fioritures.

Vous avez ici un bel étalage et une documentation qui semble bien fournie. On sent que l’auteure s’est penchée un minimum sur le sujet, un que je ne connais pas du tout mais dans lequel je ne me suis pas sentie perdue comme dans certains récits sur ce même thème. Vous avez là une description à la fois drôle et touchante de ce qu’on appelle la « pègre ». Un subtil mélange d’enquête, de meurtre (bah oui, il en faut), un peu de trahison, beaucoup de loyauté et de respect de la famille. Une mafia dont vous arrivez parfois à comprendre le raisonnement, tant et si bien qu’il vous parait parfois « normal ». Des bandits qui n’en sont pas vraiment arrive-t-on à se dire. Des gens qui s’aiment et qui seraient prêt à tout pour se sauver les uns les autres. On en vient à ses fameux anti-héros qu’on aime et qu’on déteste en même temps. Pris en étau entre romance et course poursuite, on est pris en otage par ce livre qui, somme toute bien sympathique, ne se laisse pas lâcher si facilement.

Je félicite l’auteure de nous emmener dans un univers connu comme sombre et violent avec autant de délicatesse, d’humour et de simplicité, tout est écrit de façon plus centrée sur les personnages et l’étude de leur caractère que sur « l’enquête » en elle-même. On sent que l’histoire est là, non pas banale mais relativement commune dans le style et puis on y va quand même parce que le petit ingrédient est là, celui qui nous fait dire que ce récit a son originalité.
Même si pour le thème étudié je m’attendais à un roman plus sombre, j’avoue avoir passé un très bon moment de lecture et m’être laissée prendre au piège d’une histoire bien contée. Du coup, il ne me reste plus qu’à remercier Charlotte qui a fait aussi son possible pour nous laisser sur notre faim car il n’y a pas de fin : vous trouverez donc la suite dans tellement peu de temps que cela mérite de commencer le premier tome 😉

tuer n'est pas vivre

 

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