Tréfonds

Je ne parlerais pas ici de coup de cœur mais… OMG qu’on en est proche ! Ce livre est vraiment exceptionnel de par sa dureté, son ton effroyable et de la peur qu’il amène. Bref, il est très très très bon ! Merci à l’auteur de m’avoir de nouveau fait confiance, vraiment… Ce dernier est à suivre, et de près !

Voilà ici un petit résumé : Luca Ferrand est un jeune lieutenant de police prometteur. Jusqu’au jour où il commet une erreur irréparable.Six mois de mise à pied. Au matin d’une nuit d’errance dans Pigalle, il rencontre une jeune femme, Tanya. Elle lui dit être menacée et le supplie de l’aider. Ils vivent une nuit d’amour qui les marque du fer de la passion. Lorsqu’il lui dit qu’il est policier et qu’il peut l’aider, elle disparaît. Quelques jours plus tard, il apprend qu’un corps a été retrouvé.Le corps d’une jeune femme, décapité, gisant dans un container au fond d’une impasse de Pigalle. L’autopsie révèle que cette jeune femme s’adonnait à des pratiques sexuelles extrêmes et qu’elle appartenait corps et âme à ceux qui lui ont ôté la vie. Une esclave, entièrement soumise à la volonté de ses maîtres. Sur son corps, un tatouage étrange. Le même que portait Tanya. Malgré sa suspension, Luca va se lancer dans une enquête acharnée qui va peu à peu accaparer sa raison. Il va s’enfoncer dans les bas-fonds des nuits parisiennes à la recherche de Tanya. Mais les voies qu’il empruntera seront sans espoir de retour.

On m’avait prévenue, on m’a dit que celui-ci était plus sombre que le précédent. Oui, mais attendez, il y a sombre et sombre. Là, nous sommes dans le funèbre, le glauque, le sinistre et tout autre mot qui pourrait définir le pire de l’Homme. Tellement immonde qu’on ne peut même pas l’envisager. C’est en lisant les mots, en continuant de tourner les pages plus fébrilement à chaque fois que le texte m’est apparu en « film ». L’écriture est si fluide qu’elle vous entraîne et vous projette avec elle dans les abîmes. Du coup, les mots illustraient tantôt avec dégoût, tantôt avec angoisse les « aventures » de Luca. Ce livre est dur, âme sensible s’abstenir. Que ce soit dans l’intrigue dans laquelle l’auteur nous plonge, entre in tenebris et running man ou par certains détails sordides qu’il se donne plaisir à nous livrer, on a devant nous une perte d’humanité qui s’étoffe tout au long des chapitres.

Alors cette histoire, quelle est-elle exactement ? Parce que le résumé est sympa mais pas très révélateur. On découvre donc Luca, un lieutenant de police à qui effectivement rien ne sourit. Au début, je me suis même dit qu’on avait le grand blond mais sans humour potache derrière (vous savez, celui qui enchaîne gaffes et déboires en tout genre 😉 ). Voilà que son travail le fait se séparer de sa femme alors qu’il « perd » ce dernier pour une bévue. Grosse bévue me direz-vous, il y a plusieurs morts dont un touché par une de ses balles. Il tombe dans une dépression, de façon assez banale si j’ose dire, noyant son chagrin dans l’alcool et autres vices. C’est alors qu’il rencontre Tanya, qu’une nuit de détresse va devenir une nuit de plaisir et qu’il va en un temps record se décider à se reprendre, sauf que celle-ci disparaît au petit matin sans laisser de trace. Et c’est là, à ce moment précis que tout se gâte, que Luca descend aux Enfers, que tout est joué entre trahison, politique, religion, enquête et bas-fonds, pour ne pas dire tréfonds. Que la douleur et l’effroi se confondent et qu’on part avec lui.

Nous entrons dans une course contre la montre pour retrouver cette élue (que tout le monde croit assassinée) et rendre enfin de nouveau le sourire et le bonheur à Luca.
En revanche, nous parlons de Tom Clearlake et non de Barbara Cartland, donc autant vous dire que ça, c’est ce qu’on essaie de croire et d’espérer en entamant les 470 pages de ce roman. Plus on avance, plus l’ambiance est lourde, chargée de noirceur et plus on perd confiance en ce qui pourrait arriver. On apprend que cette fameuse aimée est une esclave, une esclave sexuelle dont on ne sait pas grand chose de plus: est-ce volontaire ou non… Vous vous demandez si c’est malsain ? La réponse est oui, indéniablement, et j’ai dû lâcher le livre à plusieurs reprises pour en digérer les effets, mais vous n’avez encore rien vu.

On parlera ici d’une découverte macabre, celle d’un monde souterrain, d’un monde oublié ou encore méconnu. Cette existence va s’avérer très vite monstrueuse, envahie, habitée par le Mal, le Mal pur, celui à qui on ne donne même pas de nom tellement il surplombe le concevable, celui qui est encore au dessus de Satan lui-même dans la hiérarchie du mauvais. On se perd dans les méandres de l’inacceptable, se demandant à chaque ligne si une telle atrocité est possible. On arrive à douter du fait que ce soit une fiction. Quoique, quand l’auteur parle des rues de Paris ensoleillées, on sort de notre torpeur et tout va mieux ! 🙂

L’auteur et ses mots incisifs n’épargnent personne, pas même les personnages. Ces derniers plutôt bien décrits, prennent vie (ou mort) sous nos yeux. Les mots sont pesés, les caractères posés et l’ambiance décrite de façon à ce que je sentais presque les odeurs de ce monde souterrain… Je ne peux vous en dévoiler plus, j’en ai certainement déjà trop dit, mais pour ma défense, on pourrait parler de cet ouvrage pendant des heures… Sujet dur, intarissable, qui nous entraîne dans une réalité palpable.

Bref, lisez-le, parlez-en, ayez des frissons et tremblez au travers de ces pages, vous ne serez pas déçu !
Un bémol parce qu’il en faut un ? Je croise les doigts pour que ce livre ait une suite. Je veux savoir ce que deviennent Léa et Michaud, au même titre que je veux connaître la suite du combat. Alors Tom, à ta plume et enlève-moi de suite la frustration que m’emmène cette fin 🙂

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