Dualité

Je referme à l’instant le thriller psychologique de Sébastien Jullian, une immersion entre american psycho et fight club 😉

Vous voilà au passage un petit résumé :
Que s’est-il passé durant cette nuit d’hiver aux abords de ce parc ? Quel est ce crime qui ne porte pas de nom ?
Julien se réveille couvert de sang. Une arme à la main, sans victime apparente, et incapable de se rappeler du moindre souvenir.
Pris au piège, cet homme au premier abord discret et sans histoire se retrouve rongé par l’angoisse et les émotions antonymes qui, du jour ou lendemain, paralysent son existence.
Il part en quête de vérité, sans savoir qui il est réellement et en qui il peut avoir confiance. Pourquoi du jour au lendemain les personnes qui l’entourent lui semblent si différentes ?
Cette épreuve semble révéler en lui un être sombre, au comportement impulsif et troublant.

Qu’en dire ? Ce livre est très dérangeant et… on adore ça. Dans un premier temps, l’histoire. Elle est glauque, bien sûr, et elle se le doit, mais elle est aussi impressionnante dans son intégralité. Au moment où on est sûr d’avoir compris, tout se retourne et repart de plus belle. Les intrigues se recoupent pour nous laisser le bec dans l’eau : des fausses pistes, des situations dans lesquelles on ne sait plus si le héros est gentil ou méchant. Un garçon sans histoire que l’on suit au fil des pages et qui devient tant pour le lecteur que pour lui-même, tantôt un assassin présumé, tantôt un homme incapable du moindre geste pouvant blesser autrui.
Alors du coup voilà, la fin laisse sur sa faim car elle est ouverte… reste à savoir si on aime ce jeu là 😉
Personnellement, j’ai trouvé l’idée originale et plutôt bien tournée, un bon moment de lecture en perspective !

Pourquoi ? Pour plusieurs raisons en fait. Déjà, la plume fluide de l’auteur nous entraîne dans le récit assez facilement. L’ambiance qu’il fait planer intelligemment nous fait très rapidement rentrer dans le jeu et nous fait nous poser la question du « mais où veut-il en venir à la fin ? » Puis, on ne se pose plus la question et on se laisse glisser sur le terrain de jeu tentant de Julien qui perd peu à peu les pédales. On comprendra au fur et à mesure que, même si on ne sait pas vraiment pourquoi ni s’il s’agit d’un piège ou encore d’une contradiction psychique, Julien perd pied, s’engouffre dans un quotidien qu’il tente de fuir car il ne le comprend plus, et il nous entraîne avec lui dans sa chute aux enfers.

L’histoire en soi pourrait vous faire penser « pffff, c’est du déjà vu », ce que je me suis dit moi la première. Mais non. On se laisse tenter, traîner, tantôt par pitié tantôt par agacement… on suit Julien dans sa quête de compréhension, sa volonté de combler un trou noir, de comprendre un événement auquel sa mémoire semble vouloir faire face. Toute l’originalité de l’auteur se trouve dans l’écriture : tout le roman (du moins une grande partie) est écrit à la première personne. Autant vous dire qu’on entre assez rapidement dans la tête du protagoniste. Même si en tant que lecteur, on a une sorte de recul sur la situation, je me suis surprise à plusieurs reprises à me demander ce que j’aurais fait à la place de cet homme. Quand on ressent de la gêne à avoir de l’empathie, j’adore ça !
Du coup, on est plongé auprès de Julien, à douter tout comme lui de ce qui est vrai, de ce qui ne l’est pas, de ce qui ne pourrait être qu’une impression ou un mauvais rêve… ou encore tout simplement la vérité.

Ballottés entre plusieurs troubles psychiques, on se demande qui est Julien, un garçon ordinaire aux pulsions meurtrières, un homme qui cache bien son jeu, un ou plusieurs manipulateurs, un homme dont ce qu’il pense être et ce qu’il est reste confus, un homme guidé par la paranoïa qui a peur de reprendre sa vie en main car il a conscience d’en avoir oublié une parcelle même minime ? Une dualité propre à l’Homme, que feriez-vous en vous réveillant en sang tout en ayant oublié la veille au soir ?

Comme le dit si bien Sébastien Jullian lui-même : « Lire a toujours été une tache compliquée, car mon imagination ne me laisse jamais en paix. Lorsque je lis une histoire, j’en invente une autre.
J’aime qu’un roman ne dévoile jamais tous ses secrets et laisse une part d’interprétation au lecteur. Un bon livre est un livre qui joue avec nos nerfs… »

Un très bon moment ! Je remercie l’auteur dont j’ai eu plaisir à découvrir l’univers.

Bonne lecture à vous ! 🙂

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