Perdition

« On ne peut vraiment juger un homme que le jour de sa mort, et à l’instant précis de sa mort, quand tout ce qu’il aura eu à accomplir sur cette terre, en bien ou en mal, aura enfin été accompli par lui… »
Je commence à vous parler de ce livre par cette citation qui, en plus d’être belle, illustre très très bien la situation. Je pose quand même un petit résumé 😉

« Le long de la mythique « Mother Road », au gré des rencontres, le hasard les a rassemblés…
Une poignée d’hommes et de femmes qu’un même but anime : tromper leur destin tragique.
Dans une station-service au milieu de nulle part, leurs chemins se croisent pour un face-à-face inattendu avec un redoutable criminel en fuite, Denton Foley, échappé du « couloir de la mort ».
La confrontation avec ce meurtrier glacial et implacable bouleversera à jamais leur sort, qu’ils croyaient scellé.
Qui est réellement Denton Foley ? Que réserve-t-il à ces êtres à la dérive, à qui la vie n’a accordé aucun répit ?
Le salut existe-t-il pour les âmes en perdition ? »

Du coup, voilà le topo : nous suivons ici la mondialement connue route 66, belle, longue et sauvage, celle de tous les dangers et de toutes les aventures.
Nous partageons le voyages avec de drôles de compagnons, des hommes et des femmes avec des vies peu banales, guidés par la peur et l’envie de se reprendre, des destins gâchés trop tôt et des personnes qui rêvent d’une vie meilleure.

La première page nous fait part d’une réflexion particulière sur notre capacité à pardonner, à juger les actes d’un tel ou une telle et, à partir de ce jugement, décider de si oui ou non cette personne mériterait éventuellement le pardon général. Parce qu’on aime bien jouer à Dieu, on fait en effet un tour rapide de plusieurs avis, dont celui qui est, effectivement, de ne pas juger un homme avant l’instant précis de sa mort.
Et, dans l’instant d’après, nous faisons un tour du coté d’une évasion, un événement organisé qui fait sortir le bien connu Denton Foley dont nous aurons tout le long du récit les détails de son histoire. Pour prendre la fuite, il se sert de Nathaniel Prescott, gardien des couloirs de la mort. Il deviendra son compagnon de route et d’infortune, et leur chemin se poursuivra sur la Mother road, déserte.

En parallèle, nous découvrons Jenny, femme au mari abusif qui s’enfuit avec son fils, dans l’espoir de renouer avec la vie et de reprendre son destin en main. Sa volonté ? Rejoindre l’Arizona pour un nouveau départ en toute sécurité. Elle croisera le chemin du révérend Clay Delanoe.

En parallèle toujours, nous retrouvons Reggie Oswald, veuf avec une fille atteinte d’une maladie qu’il ne peut faire traiter près de chez lui. Il lui faut prendre la route pour rejoindre un des hôpitaux les plus réputés afin de trouver les meilleurs soins. La peur s’installe, car en plus du manque de temps, il souffre du manque d’argent pour payer l’opération. Son chemin croisera celui de Katy et Benny, un couple de petits truands, dérobant des butins pour poursuivre leurs rêves, sans pertes ni fracas.

Nous trouvons un peu plus tard Elena Mae Trebbs, vieille femme qui erre sur la route 66, prenant soin de trimbaler les touristes et autres auto stoppeurs. Elle se ressource via ce voyage qu’elle connaît maintenant un peu trop bien. Elle croisera sur sa route Georgie Bowsmith, un homme mystérieux au passé trouble mais qui refuse de se confier.

Vous l’aurez compris, cet ouvrage est un vrai chassé-croisé. On retrouve tout ce petit monde, à moment donné, dans une station service, masse solitaire au milieu de la route 66, une horde de chemins perdus, d’âmes en détresse. Je ne vous en dirai pas plus du coup, je m’y refuse même si je pourrais parler pendant un moment de ce nouvel ouvrage que nous propose Alexis Arend. Ce livre, il est beau, il est grand, il pousse à la réflexion. Les personnages sont étudiés, on attend de voir avec la finesse à laquelle l’auteur nous a habitués face à qui vont se retrouver tous ces gens, et comment ils vont se dépêtrer de cette route, celle de la perdition.

Nous apprendrons au long des chapitres qu’aucun n’est complètement bon ou encore complètement mauvais, nous n’avons pas un étalage de personnes dont les desseins sont tout blancs ou tout noirs. Bien au contraire, nous avons ici une intrigue ficelée, à tiroir, qui va nous traîner sur un long chemin. Nous serons bousculés dans nos idées primaires, qu’on s’arrange à appeler instincts. Nous avons là des retranchements, des mauvaises décisions de prises mais… pour de mauvais motifs ? Des motivations nobles qui nous poussent quand même à avoir des actes qui le sont moins. Bref, tout y est, tout est mélangé : les sentiments, la vison globale du monde et des événements ainsi que… la timeline ! 🙂

On ne se perd pourtant à aucune seconde, tout est pensé de façon à ce que la trame se suive d’un trait. La lecture est lisse, les idées se montrent comme des évidences, les personnages prennent vie sous une plume fluide et quand on arrive à la fin, on en redemande.
Si vous avez aimé La ligne verte ou encore Le purgatoire, ce livre est fait pour vous… Un échantillon d’humanité dans ses faiblesses et ses forces, un hymne à la compréhension et à l’amour. Je vous laisse avec cette petite merveille que je nommerai pas pépite, car il s’agit d’un diamant brut.

Pour la beauté du texte, celle des intentions et pour l’élan d’émotions, je remercie encore Alexis Arend de m’avoir fait confiance. Son bébé est une bombe et je suis heureuse de le compter comme LE coup de cœur de cette année. Lui qui nous a habitués à des petites touches fantastiques, des pointes de mysticisme… Oubliez ! Nous avons là un constat, c’est de loin ce qu’il y a de plus fort dans cet ouvrage : la surprise de rester les pieds sur terre tout en voyageant, en immersion totale dans une ambiance joliment glauque 😉

Très bonne lecture à tous ! 🙂

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