La vie dont nous rêvions

Je clôture ma lecture des 356 pages du roman de Michelle Sacks. Une sorte de drame familial à l’épilogue bien fourni.

Vous voilà un petit résumé :
Dans la lignée d’une Lionel Shriver, un premier roman choc qui explore les rapports de domination au sein du couple et de l’amitié, les traumatismes subis dans l’enfance et le vice tapi derrière les apparences les plus lisses. S’appuyant sur une construction machiavélique, Michelle Sacks nous entraîne dans une spirale où chaque personnage révèle son double visage.
Sam et Merry ont quitté New York pour s’installer dans un cottage en Suède et élever leur bébé au grand air. Loin de la grande ville, de ses tentations, de sa souillure, les voilà libres de se réinventer.
Sam, en homme viril et fidèle qui assure le confort et la protection des siens.
Merry, en tendre épouse qui s’adonne à ses nouveaux devoirs de mère au foyer.
Le tableau idéal : au cœur de la nature, l’homme, la femme, l’enfant.
Mais aussi Francesca, la meilleure amie de toujours, venue leur rendre visite.
Francesca, la citadine, la sublime, la femme libre.
Francesca, qui ne se sent chez elle nulle part, qui n’a jamais été choisie par un homme, et qui a de très vieux comptes à régler…
Dans ce lieu de quiétude absolue, l’espace infini a tôt fait de devenir une prison, et la solitude, un miroir tendu à la noirceur des âmes. Tout n’est que mensonge, duplicité et, tandis qu’à la clarté de l’été succède l’obscurité de l’hiver, l’idylle se meut peu à peu en un huis clos hautement toxique.

Mon premier ressenti ? Celui d’une immense longueur. Je me demandais où on allait comme ça. Ayant vu plein de retours positifs, je me disais qu’il allait y avoir un rebondissement, quelque chose de fort et de pointu. Une attente qui s’est écoulée sur un bon nombre de pages, et qui m’a fait peur. Je me suis demandé combien de soirs j’allais m’endormir sur ma lecture.

Et puis… Et puis tout change, après plusieurs appréhensions suite à cette mise en place longue, et ces premiers chapitres qui m’ont paru être une succession de clichés, je suis rentrée dans l’histoire sans pouvoir fermer l’ouvrage. Il faut dire que, habituée au thrillers et aux histoires qui m’empêcheraient de fermer les yeux, je ne suis pas experte en celles qui prennent leur temps, pour au final, nous empêcher réellement de dormir, par la noirceur de leur dessein.

Ce livre, au final, il est BEAU. C’est une confusion. Une confusion perpétuelle des sentiments, toujours à la frontière entre l’amour, la haine, la jalousie ou encore l’espoir. C’est une ode, un chant louant l’être humain dans son ensemble : le bon comme le mauvais. Toutes les choses sur lesquelles on peut douter au quotidien, sur le fait d’être à notre place, de se contenter de ce qui nous arrive ou tout simplement d’y voir le bonheur que nous attendions. Parce qu’au final, aussi dramatique soit cette histoire, c’est ça qui en découle, ce que nous attendons de l’autre, de nous-mêmes, et de la vie.

Qu’est-ce que le bonheur ? C’est ce que se demande Merry. Jeune femme qui a tout plaqué pour suivre son compagnon en Suède. Elle s’est dès lors persuadée que ce qu’elle voulait, c’était cette vie de femme au foyer, qui s’occuperait à plein temps de son enfant et de son époux. Mais elle déchante, et très vite. Elle tombe rapidement dans l’ennui et ne voit aucune porte de sortie au piège qu’elle s’est tendu elle-même. On voit de façon croissante cette sensation d’échec pointer le bout de son nez, et on en vient à se demander si cette femme voulait vraiment être mère, ce que l’on perçoit comme un sacerdoce.

Elle a beau aimé son mari, Sam, elle le voit souvent partir pour diverses raisons et ces départs ne l’enchantent pas vraiment. Seule à la maison, c’est le doute qui s’installe. Quelle meilleure façon pour le vaincre que d’étaler son bonheur et sa charmante vie réussie aux yeux de sa meilleure amie ? Quelle est la part de cruauté à infliger à l’autre pour se convaincre qu’on n’est pas les plus seuls ? Les plus mal ? Du coup, c’est dans cette situation qu’elle semble trouver une échappatoire à son quotidien. Elle invitera donc Frank (Frances) à venir les rejoindre dans leur paradis.

C’est parce que nous sommes tous, sans vouloir se l’avouer, à la recherche d’un bonheur inatteignable que nous nous forçons à être déçus par ce que nous avons. Insatiables, nous cherchons toujours l’herbe plus verte, celle que nous trouverons forcément ailleurs. Jalousant la moindre parcelle voisine, nous suivons à travers ces pages, et toujours dans un rythme de plus en plus oppressant, les méandres des trois protagonistes.

Une plume qui se veut de plus en plus fluide, des personnages travaillés et qui deviennent de plus en plus réalistes, auxquels on s’identifie sans trop de difficulté, on va de l’empathie à l’aigreur en passant par la colère puis l’acceptation en un claquement de doigt. J’ai eu pendant la lecture un ou deux ratés 😉

Malgré un début qui m’a paru chaotique, je suis ravie d’avoir lu ce roman et le conseille vivement. Il fait réfléchir, réagir, donne des frissons… Tout ce qu’il faut pour nous amener des questions qu’on se pose bien souvent sans se l’avouer… j’ose espérer que ce que vous lirez là ne sera pas votre réponse ! 🙂

Un grand merci à Babelio et son opération Masse Critique de m’avoir permis de lire enfin ce qui allait rejoindre ma PAL. Une accélération qui valait le coup !

Bonne lecture à tous ! 🙂

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3 commentaires sur “La vie dont nous rêvions

  1. Wouah quelle chronique ! Elle est magnifique et tu as su rendre ce roman très intriguant ! Moi, en tout cas, je suis intriguée par cette densité et cette noirceur sous les apparences ! Je pense que je le tenterai ! Merci pour ton avis, je l’avais déjà repéré en librairie mais je pense que maintenant je me le prendrai ! :3

    Aimé par 1 personne

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