La parole du chacal

Et voilà, avant même de donner un résumé ou encore un avis, je tiens à m’excuser auprès de Clarence, l’auteure de génie qui nous a pondu cette petite merveille. Elle qui a eu la gentillesse de me proposer son livre que j’ai commencé sans attendre, et que j’ai laissé en plan (manque de temps puis vacances… tout ça tout ça !) Voilà que je l’ouvre hier, prise de remords, voilà que je le reprends du début et que… Je ne le lâche plus ! Dans ce livre il y a tout, le suspense, les rebondissements, la mythologie qui fait naître une petite pointe de fantastique, l’étude de civilisation qui est tout bonnement très intéressante, l’ambiance huis-clos, pesante, amère… Bref, il est énorme ! 🙂

Du coup, vous voilà le fameux résumé 🙂
« Partez à la découverte du Mali ! Rencontrez son célèbre peuple, les Dogons, et partagez leur vie durant trois semaines ! Célébrez avec eux le fameux Sigui, fête religieuse qui n’a lieu que tous les soixante ans ! Profitez d’un voyage unique et exclusif en petit groupe. Inscrivez-vous dès maintenant, les places sont limitées. Dogons 2027, l’expérience d’une vie. » Claire aurait dû suivre son intuition et renoncer à ce voyage.
L’ombre fantomatique qu’elle a aperçue au milieu des ombes dogons dans un documentaire ne présageait rien de bon. Surtout qu’Armand, guide charismatique et anthropologue renommé, était resté curieusement évasif lorsqu’elle lui avait posé des questions sur ces caveaux. Armand dont le coup de volant a plongé leur camionnette dans un marigot.
Tout ça pour éviter un foutu chacal ! Le village dans lequel ils ont échoué après cet accident est peuplé d’habitants craintifs et entouré d’une nature hostile. Un village isolé et désuet où le temps semble s’être arrêté. Un véritable tombeau à ciel ouvert dont il est impossible de sortir.
Dire qu’elle a entraîné Sacha, son fils de dix ans, dans cet enfer… Et que, chaque nuit, un mystérieux visiteur vient déposer d’étranges objets près du garçon.

Comment ça se passe ? C’est tout simple. Dès le départ, nous partons de même à l’aventure, dans une sorte de safari au Mali. Une idée qui nous transporte droit dans l’exotisme, dans l’envie de découvrir une nouvelle culture, un nouveau dialecte… Tant et si bien qu’on y fonce, tête baissée, et qu’on ne voit rien venir. Ce n’est pas sans compter pourtant sur les diverses mises en garde. Dès le départ, on est bercé intelligemment par les faux semblants, les inquiétudes et le mystère. Des explications qui restent floues, une ambiance prenante et un guide au premier abord un peu louche, qui reste très évasif sur un sujet qu’il est pourtant censé connaître sur le bout des doigts.

On est très vite plongé entre mysticisme et histoire. C’est avec brio que l’auteure nous guide à travers les plaines du Mali, nous fait découvrir un peuple riche de coutumes et de croyances. Pour ma part, je ne connaissais pas du tout et… l’envie d’aller creuser tout ça m’est venue totalement naturellement. C’est là qu’on peut reconnaître sans contexte le travail acharné de Clarence dans les recherches en tout genre concernant les Dogons et leur rythme de vie.

La plume fluide et l’écriture pointilleuse de Clarence nous guide, page par page, mot par mot. On est projeté dans un univers qu’on ne maîtrise pas et dont on a quand même l’impression de tout connaître. Une sensation très particulière, soulignée par une intrigue à tiroir extrêmement bien ficelée. J’étais sûre d’avoir vu venir la fin et… NON, mais alors pas du tout, j’étais si loin du compte ! 😉
Suivant pas à pas chaque personnage, on voit qu’il n’y a pas vraiment de protagoniste, et c’est vraiment une situation qui me tient à cœur. Chacun a une place importante: de la vieille acariâtre au jeune impatient en passant par le guide nonchalant et la jeune femme intrépide… on y trouve notre compte !

Ce sont donc ces différents protagonistes dont nous suivrons les aventures. Aventures est bien le mot car tout n’est pas de tout repos. C’est au détour d’un banal accident que tout commence. Une camionnette de touristes, un renard/chacal qui traverse la route, un coup de volant pour l’éviter et c’est le drame. C’est dès lors que tout s’enchaîne, que les doutes s’installent, que l’étau se resserre, que les instincts se manifestent… On prend alors un virage (sans mauvais jeu de mots) et on se retrouve propulsé dans un monde à part, dans un univers où croyances et réalités se mêlent, où doutes et sincérité se croisent. Bref, vous l’aurez compris, on passe un peu par tous les états. Dans une ambiance étouffante, un huis-clos à ciel ouvert vous tend les bras et vous traîne presque malgré vous dans les tréfonds d’un village malien.

Du coup, c’est bercée d’amertume que je referme ce livre qui est beau, sombre, une réflexion sur la nature humaine mais sans tomber dans les philosophies de comptoir. Il n’y ait dit ni trop ni pas assez soit… c’est vraiment avec beaucoup de plaisir que j’ai suivi cette intrigue, ces personnages hauts en couleurs jusqu’à ce que… NON, je ne vous en dirais pas plus, lisez le ! 😉

Bonne lecture à tous ! 🙂

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