Neurys

Allez, pour faire les choses bien, on commence par le début : la quatrième 😉

Vous voilà donc un petit résumé de ce roman thrillerien d’anticipation :
« Lorsque l’on possède un monopole sur le progrès scientifique, on ne peut que créer un monde à son image : élitiste, injuste et impitoyable. »
Neurys. En à peine une dizaine d’années, cette entreprise aura changé la face du monde. Révolutionnaire, innovante, incroyable, sa technologie n’est pas épargnée par les éloges. Son produit phare, le Neurys XO, en est le parfait exemple. Convoité de toutes parts, il est cependant loin d’être le plus répandu. Réservé à une élite et très peu accessible, il s’attire les envies d’une population en quête de reconnaissance sociale, tout comme les foudres de ceux qui y voient une flagrante injustice.
Pourtant habituée aux controverses, la firme se retrouve confrontée à une série d’assassinats sans précédent. Les possesseurs de Neurys XO, appelés Neuryciens, en sont les cibles. Au même moment, une inquiétante disparition vient saboter la réputation de l’entreprise. Peur, craintes et menaces animent alors le climat ambiant. Édouard Le Cap, un inspecteur aidé de sa partenaire Marie Sommet, se voit ainsi confier ces deux lourdes enquêtes aux obscurs points communs. Une plongée au cœur de cette multinationale aux multiples facettes et du monde qu’elle a façonné qui ne sera pas sans conséquence pour les deux policiers.

Du coup, que trouve-t-on ici ? Tout d’abord, de l’originalité. Le thème en soi, plaçant en avant l’Homme augmenté est déjà venu sur les suppositions des auteurs ou encore cinéastes. Il faut dire ce qui est, en voyant les avancées technologiques qui vont de plus en plus loin et surtout, de plus en plus vite, on est en droit de se poser des questions ou encore faire des hypothèses. Donc oui, le thème est « déjà vu », mais il est ici traité de façon assez originale.
Pourquoi ? Parce que nous y trouvons un peu de tout : souvent dans ce genre de récit, nous retrouvons le pour ou le contre. Ici, l’auteur a eu l’intelligence de traiter le sujet principal, comme s’il était secondaire. Nous avons l’intrigue, qui au final, parle avant tout de meurtres, une série d’assassinats qui semble être complexe à décortiquer. Nous avons donc l’équipe de deux inspecteurs qui prennent les devants et tentent de percer le mystère de la nouvelle technologie Neurys.

Neurys, c’est quoi ? C’est un lobby qui met en avant la possibilité technologique de faire de l’Homme une personne au dessus : plus forte, plus intelligente, avec des capacités redimensionnées. Différentes castes sont alors représentées : les riches, qui peuvent donner en échange de cet outil et la classe moyenne voire pauvre, qui ne peut se le permettre. Nous revenons un peu à l’homme qui négocie pour avoir plus et ce à n’importe quel prix. Un exosquelette, une « puce » et hop, par le biais de son téléphone, on a des réponses, des idées ou des confirmations qu’il nous auraient jamais été données sans ça. Du coup, que faire pour avoir son Neurys XO ? Comment pouvoir profiter de cette capacité supérieure pour faire de nous des « surhommes » et gagner en compétences ?

Le positif de ce livre ? Je me suis retrouvée catapultée dans la mélancolie, dans l’univers du long métrage « final cut » dans lequel Robin Williams nous faisait découvrir les caméras intégrées au cerveau pour faire de notre vie un film commémoratif. Alors du coup, j’ai foncé dans ce roman qui se dévore, qui nous montre tous les aspects de ce que pourrait devenir l’humain. On a le pour, le contre, celui qui, comme moi, patauge un peu et n’arrive pas à savoir si ce serait bien ou mal, car les conséquences éventuelles et les possibilités sont tellement vastes que je reste persuadée en rater une partie.
Petit plus : chaque chapitre a pour nom une molécule, une hormone ou autre, sécrétée par le cerveau 😉
Le contexte social est plutôt pas mal, avec des références économiques qui ne sont pas loin des nôtres. Il ne nous est pas compliqué de nous laisser entrer dans l’univers de M. Payet.

Le point noir ? Il manque pour ma part un peu de consistance dans les personnages. Si l’inspecteur est plutôt bien pensé, on n’en apprend « trop tard » sur lui. Le personnage taciturne, morne et loup solitaire est un peu caricatural à mon sens, sans qu’on ait de bonnes raisons de ressentir de l’empathie. Sa collègue quant à elle est un peu laissée de coté. Voilà voilà, si le contexte est pour moi une vraie petite merveille, les protagonistes en revanche manque de tissage : la toile dans laquelle ils avancent est un peu brouillon.

En revanche, sorti ce fameux point noir, il faut dire que c’est une intrigue qui se veut générale. On ne va pas se mentir, je n’ai pas eu (contrairement à d’habitude) un souci majeur envers ce manque de profondeur des personnages. Là où je la recherche d’habitude, je n’en ai pas non plus vraiment eu besoin ici. J’ai eu ce que je voulais, une implication sociétale d’un fait qui se voudrait presque divers. Une réalité dont nous ne sommes peut-être pas si loin ! Ça en fait froid dans le dos, mais ça intrigue et… ça donne presque envie de connaître cet état de fait : une connaissance supplémentaire hors norme !

Je ne sais pas, si on en avait réellement la possibilité, quelle option je prendrais… (même si mon portefeuille me dit tout de suite que le choix est fait 😉 )
Je vous conseille vraiment de visiter cet univers, de vous laisser prendre au jeu et aux risques du transhumanisme tel qu’il est conté ici…

Belle découverte pour ma part, et je remercie Arnaud Payet de m’avoir laissée rentrer dans cet univers qui donne froid dans le dos !

Bonne lecture à tous ! 🙂

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