Internato

Me voilà très embêtée, vraiment ! Non, non, le livre n’est pas mauvais, ce n’est pas le problème… Mais en parler sans spoiler, voilà un exercice qui risque d’être un peu serré : mais je tente !

Vous voilà un résumé 🙂
Quand son père lui annonce qu’il part étudier en Argentine, Gustave, dix-sept ans, pense partir en voyage linguistique.
En réalité, le jeune lycéen intègre malgré lui l’internat d’une école privée très particulière, gouvernée de main de fer par le colonel Perez, militaire retors dont les enseignements ne semblent connaître ni lois ni limites.
Pour Gustave et ses camarades, totalement coupés du monde extérieur,le cauchemar commence…
Céline Servat vit dans les Pyrénées Haute-Garonnaises où elle travaille comme assistante sociale. Lectrice de la première heure, elle a toujours aimé écrire, principalement des nouvelles dont plusieurs ont été primées.
Internato est le premier roman d’une trilogie.

Alors du coup, que dire ?
Dans un premier temps, que ce qui est le plus choquant, (oui l’autrice attend la fin du livre pour nous le dire mais c’est super important et ça vous met de suite dans l’ambiance, donc je vous en fais part) c’est que c’est BASÉ sur des faits réels. Alors là, c’est flippant, et ça fait percuter… Mais vraiment percuter !
En gros, qu’est-ce qu’il se passe ? Cet internat, il n’est pas vraiment comme les autres : dès l’arrivée, il y a un panneau précisant que toute entrée sans autorisation n’est pas permise, de quoi mettre la puce à l’oreille de n’importe quel néophyte. Un édifice et un parc de taille considérable, posés au milieu de nulle part, dans la grande banlieue de Buenos Aires. Tout laisse à penser déjà qu’on n’est pas dans un endroit des plus classiques.
On se rend compte très vite que cet établissement est particulier de par son encadrement, fait sous le regard sévère du commandant Perez. Un programme qui intrigue, basé sur les grands dictateurs et tortionnaires de l’histoire sans lesquels nous n’aurions pas de véritables notions de défense, sans lesquels nous ne saurions pas diriger… Bref, je pense que vous avez compris l’idée, on y apprend la manipulation, la torture, la découpe… Je vous passe les détails.

Du coup, sur l’intrigue, que dire ? Elle est menée d’une plume fluide, de chapitres courts pendant lesquels nous n’avons pas de temps morts. Pas mal de personnages sont présentés mais de façon structurée : on va vite comprendre qui est qui. Ce que nous ne comprenons pas tout de suite en revanche, c’est qui fait quoi ou le pourquoi de la situation, l’histoire se met en place comme les pions d’un échiquier, doucement mais sûrement. On passe du temps, de façon malsaine mais délicieuse à voir où veut en venir l’autrice, on est aussi largué que notre ami Gustave sur le rôle premier de cette école et surtout sur le but d’avilir cette jeunesse dans un internat aux mœurs non conventionnelles. On va avancer dans la réflexion du personnage qui essaie malgré les alertes, et par tous les moyens, de comprendre ce qu’il fait là. La tension monte au fil de la lecture et… de l’intrigue dont les nœuds se défont petit à petit. Nous avons en ces quelques pages, le Mal, celui qui est servi par l’être humain dans tout ce qu’il a de plus sinistre : se servir de la technologie pour l’entretenir et en faire une référence.

L’écriture du coup rend hommage à tout ça, elle est incisive et cinématographique : les descriptions sont telles qu’on voit les décors et les scènes. C’est de façon intelligente que Céline nous fait avancer tantôt par les actes de Gustave, tantôt par des échanges de mail avec l’extérieur, tantôt via les pages du journal intime d’une certaine Gabriela. Du coup, le jonglage est subtil. Seul bémol dans celui-ci ? Pas de date pour le journal, mais ceci est un détail et il épice un peu plus l’intrigue, donc je ne lui en tiens pas trop rigueur non plus 😀

Parce qu’il traite d’un sujet sensible, étoffé certes et poussé à son paroxysme, mais finalement pas si invraisemblable que ça, que ce livre m’a touchée, vraiment. La manipulation (des foules et de l’individu), l’apprentissage du mal pour défendre une pseudo supériorité, un appel à la violence VS un cri d’espoir et de liberté… Voilà tout ce que j’ai vu dans ce récit, à tort ou à raison. Du coup, je ne peux malheureusement pas en dire autant que je le voudrais, mais vous laisse entendre au passage que je l’ai vraiment beaucoup aimé ! Un coup de cœur dans ce défilé de psychologie (parfois inversée) qui laisse dubitatif, parfois nauséeux quand on reste  persuadé que ça fait parti du Possible.

Alors voilà, je remercie les éditions M+, et je remercie aussi l’autrice qui a su mettre en exergue la trahison, la douleur, la peur, l’incarcération, mais aussi la volonté de comprendre, le réveil des conscience et la soif de vivre… Un seul problème se pose : comment l’autrice peut faire un deuxième volet avec une telle fin ? Il me tarde de le savoir, vraiment !
Détail sympathique au passage, un gros clin d’œil à Mr Sergio Luis qui joue un rôle important dans cette trame 😉

Bonne lecture ! 🙂

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