Le cri du bigorneau

Je crois qu’on ne pourra pas faire plus « à chaud » comme retour. Je referme le livre à l’instant et… j’ai comme une folle envie d’en parler, de crier tout ce que ce livre a de bon, de bienveillant, de promesses faites à l’inconnu qui passe… Bref, un vrai bol d’air que cette aventure hors norme et tellement sympathique !

Du coup, je vous laisse là le résumé, comme il se doit :
Finistère sud, fin 2018.
Lilo, fibromyalgique, a 47 ans lorsqu’elle fait un burn-out. Un grand ras le bol de l’irrespect, de l’incivisme, du tout-pour-soi et de la non-reconnaissance de son statut de malade. Elle craque.
Durant sa convalescence, elle décide d’agir pour changer le monde et se plonge dans une aventure sociale qui va chambouler le sien.
Seulement, des phénomènes surnaturels s’invitent dans sa vie. Elle peut soudain avoir des conversations avec Billy, son axolotl.
Et qui sont réellement ses nouveaux amis, Raphaël, Laureen et Alain, avec qui elle communique de façon si spéciale ?
La découverte d’un secret de famille va-t-elle l’aider à comprendre ?

Alors quoi, exactement ? On pourrait croire assez vite qu’un feel good un peu déjanté qui part avec une fibromyalgique, y a plus drôle… Bah vous savez quoi ? C’est vrai, y a plus drôle. Mais qu’est-ce que ça fait du bien ! Ici, l’autrice fait de l’œil à un petit bout de femme combattante, courageuse, bienveillante et BELLE. Si si, je vous jure, belle, vraiment. Pas parce qu’elle a une fibro, hein ? Mais parce que malgré tout, elle tente, échoue, retente, se bat, essaye de nouvelles choses, s’ouvre à un monde qui lui est hostile et pousse les autres à vouloir en faire autant. Lilo, la protagoniste, c’est une femme aimante, une femme au cœur pur qui fera tout ce qui est en son pouvoir pour ne laisser personne en bord de route. Dans son univers, tout le monde a droit au bonheur et elle le fait sentir via une manifestation de free hugs, organisée à l’arrache par un groupe s’étant rallié à sa cause. Cette cause, c’est quoi ? C’est donner des bouts de bonheur, faire en sorte que les tracas s’envolent pour un temps et mettre en avant une capacité à retenir ces instants de paix et de bienveillance que l’on vit au quotidien mais que l’on a tendance à oublier. Nous avons donc là une équipe de gais lurons, sympas, dynamiques, originaux qui mettrons tout leur cœur et « leurs pouvoirs » pour prodiguer ces temps d’amour dont on manque tant, tous autant les uns que les autres. Bref, cette histoire aux aspects parfois complètement loufoques ouvrent une porte sensorielle à ne pas rater.

L’intrigue, vous l’aurez compris, je l’ai bouffée ! Il m’aura fallu moins de 24h pour me laisser prendre au jeu de cette aventure, la gober, me laisser surprendre et en fermer les pages… avec un peu de remords tout de même : elle aurait pu continuer encore un moment sans que ça ne me porte préjudice.
Il faut dire que tout y est. Il y a l’histoire, c’est sûr, mais il y a aussi les personnages, leurs caractères, leur façon d’être… Tout est maîtrisé et parfaitement dosé pour nous faire passer un vrai bon moment sans tomber dans la mièvre. Oui on y trouve de l’espoir, de la romance, de la mélancolie, de bons moments entre amis, de la volonté de vouloir un monde mailleur… mais tout ça avec un naturel et une évidence que tout est lisse et se lit sans accroc.

L’écriture aussi, parlons-en. Chaque personnage va avoir son champ lexical, son phrasé et sa façon bien à lui de s’exprimer. Il y a donc toute une richesse, parfois belle, parfois drôle, dans les répliques des uns et des autres. Tout un tas de références mises en avant que ce soit au niveau des films ou de la musique. D’ailleurs, merci à toi, dame Barbara de m’avoir fait découvrir Epsylon au milieu de ma lecture : ce groupe que j’apprécie m’a accompagnée jusqu’à la fin de l’ouvrage !
Nous y trouvons donc un travail de fond vraiment bien fait : allant de l’argot sans jamais tomber dans le vulgaire à quelques répliques quasi soutenues… le panel n’est pas négligeable, et il est fort appréciable. Parce qu’on ne va pas se mentir, dans la vraie vie, on a ces différences là, les souligner est donc d’une importance cruciale, surtout quand on veut mettre en avant un thème dans lequel l’union fait la force fait légion.

Le décor aussi est bien pensé. Il donne libre accès à des expressions patoises, des petits clins d’œil sympas… mais sa description est au top : semée au gré du récit avec parcimonie, il n’y en a ni trop ni pas assez. On voit les lieux, les maisons, allant même jusqu’aux pièces elles-mêmes, sans pourtant que les fioritures soient venues se coller. La sobriété de cette mise en place descriptive en fait sa force.

Quoi d’autre ? Bah rien en fait. On a là un moment de lecture qui fait du bien. Une petite touche de fantastique, une grosse touche d’amour, un poignée de de bienveillance et une pincée de ralitude : ouais, la ralitude y en a un peu, parce que notre Lilo, elle n’est pas non plus une sainte… 🙂
La ralitude, c’est quoi ? C’est comme la mignonitude (merci Oldelaf) qui décrit pas mal l’ouvrage et ses bons sentiments, c’est aussi comme la tristitude de devoir laisser partir quelqu’un ou encore la bonheuritude d’espérer que « You may say I’m a dreamer But I’m not the only one… » (oui, moi aussi j’ai eu envie d’inclure quelques paroles)

Alors voilà, c’est avec le sourire et un petit pincement que je referme ces pages. Je me dis que ce petit bigorneau, il est vous, il est moi, il est… Il est tant de monde qu’il mérite qu’on entende son cri. Je vous laisse le découvrir et, s’il vous prend l’envie d’aller crier avec lui, je suis partante, et je suis ! 🙂

Bref, un grand merci à l’autrice pour sa confiance, mais surtout, un grand merci pour ces mots qui percutent et résonnent tout en raisonnant. En espérant vraiment que ces pages résonnent loin, que le cri soit entendu et que… Lilo nous guide au mieux dans cette quête.

Bonnes lectures à tous et… Bonne fin de week-end 😉

3 commentaires sur “Le cri du bigorneau

    1. Je vous souhaite sincèrement d’être aussi sensible que moi à cet écrit, et que vous l’appréciiez tout autant. Je vous souhaite une excellente lecture, et si cela ne vous pose pas de problème, je veux bien que vous reveniez me dire ce que vous en avez pensé 😊
      Merci pour ce message, bon dimanche 😉

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